La dépression dans le cycle de la vie: sagesse amérindienne

Aujourd’hui c’est un article un peu spécial car il participe à l’évènement mensuel « A la croisée des blogs ».

Ce mois-ci, c’est Dominique du blog « Choisir le bonheur» qui organise le festival sur le thème Le jour ou j’ai atteint ma limite.

Les règles du jeu sont précisées ici.

 

Aujourd’hui j’aimerais vous conter une rencontre exceptionnelle: ma rencontre avec Helen Roy.

Cette rencontre a eu lieu fin mars 2012… A cette époque, j’étais dans un sale état. Je venais de me démettre l’épaule au ski et j’étais arrêtée depuis 1.5 mois. Le drame pour une fille sportive et ambitieuse.

C’est dans ce cadre là, qu’on m’a proposé de participer à un stage sur le cycle de vie avec Helen… Je n’avais aucune idée de là où je mettais les pieds et je n’ai pas été déçue du voyage. Voyez plutôt:

Rencontre avec la sagesse amérindienne

Arrivée sur place, Helen nous a accueilli avec un sourire jusqu’aux oreilles et un très chouette accent québécois… et la magie a commencée à opérer…

Alors la sagesse amérindienne c’est quoi:

  • c’est une sagesse qui tourne autour de la femme… mais qui n’oublie pas les hommes 🙂
  • c’est une sagesse qui fait la part belle aux cycles et appréhende différemment la vie
  • c’est une sagesse qui prend les gens tels qu’ils sont

Ça donne envie d’en savoir plus, n’est-ce pas?

Pour ce qui concerne la femme, je reviendrais sur ce point spécifique dans un article dédié aux cycles menstruels.

Comprendre la vie grâce aux cycles

La sagesse amérindienne vous demande de prendre de la distance et d’essayer de comprendre le cycle de la vie, donc de la nature donc des saisons…

Le printemps

Le cycle commence donc avec le printemps… les bourgeons dans les arbres qui commencent à s’épanouir, les fleurs de cerisiers, de pommiers qui ne demandent qu’à être pollinisées.

Le printemps c’est le moment de l’apprentissage, de l’enfance, de l’émerveillement…

Pour l’agriculteur, c’est le moment de planter les graines afin de pouvoir récolter en automne.

L’été

Il fait beau, il fait chaud. Les graines plantées au printemps s’épanouissent, les épis de blés passent de la couleur verte à un blond doré… plus que quelques semaines et ce sera la récolte…

L’automne

Ça y est! le temps de la récolte arrive… c’est le moment tant attendu: le travail des 2 dernières saisons a-t-il porté ses fruits?? C’est le moment des vendanges où enfin on sait si l’année sera un grand cru ou pas…

L’hiver

Après la récolte vient le moment du repos… La nature s’économise au maximum: plus de feuilles, les animaux dorment, la lumière s’estompe. Le monde se recroqueville dans sa coquille pour faire le point, faire l’inventaire et le deuil du cycle qui vient de se terminer avant qu’un nouveau cycle commence.

Le cycle se termine et un autre prend sa place…

Vous devez certainement vous demander comment du thème de la dépression on en vient à parler des fleurs, des petits oiseaux, du vin et des marmottes… Ne vous inquiétez pas, on y arrive…

Les cycles et la dépression

On vient donc de faire le tour d’un cycle des saisons normales… Imaginez maintenant que vous soyez agriculteur au pays des cht’is et que vous souhaitiez faire pousser de la vigne.

Une vigne ça met du temps à se construire pour qu’elle soit productive et qu’elle donne le meilleur d’elle même… Imaginez donc cet agriculteur avec son idée de vignoble… Il va y mettre tout son coeur, son âme et son labeur pour faire grandir son cépage… au bout de 5 ans, toujours aucune récolte…

Après 6 ans? toujours rien… Bon. Il y a fort à parier qu’à ce moment là de l’histoire, notre agriculteur soit en bonne voie pour une dépression carabinée…

Reprenons la théorie des cycles:

  • le printemps: c’est votre idée de faire pousser de la vigne, vous retournez la terre et vous faites ce qu’il faut pour commencer votre aventure;
  • l’été: c’est le labeur et l’entrain que vous mettez à faire pousser votre projet, à le sortir de terre littéralement;
  • l’automne: c’est le moment où vous êtes censé récolter quelque chose et qu’il n’y a rien à récolter… l’automne c’est la dépression. Le moment où l’on se rend compte qu’on a mis notre énergie dans un projet voué à l’échec.

L’automne de la douleur

Sans récolte pour se nourrir, la survie émotionnelle de notre être tout entier se pose:

  • suis-je capable de mener ma carrière professionnelle a bien (et incidemment, est-ce que je ne me serais pas trompée de voie en me donnant corps et âme à un métier qui ne me correspond pas ou un employeur qui n’apprécie pas mon travail à sa juste valeur?)
  • suis-je encore capable d’être aimée après une relation destructrice (avec son amoureux, un parent, un(e) ami(e), soi-même ou un deuil)?

Ne pas avoir de quoi nourrir son être est douloureux… c’est le vide de la faim, le vide du futur qui n’existe plus vraiment, le vide de la force qui se réduit comme peau de chagrin…

dépression et cycle de la vie

Après les larmes, le cycle reprend ses droits (crédits photo: Kallioph @picasaweb)

La douleur est nécessaire et elle n’est qu’une étape dans le cycle: celle de la réflexion. Et la dépression n’est-ce pas un trop plein de pensées négatives au final?

Pour autant le cycle ne s’arrête pas à l’automne

L’hiver du pardon

Le cycle est immuable et ne s’arrête jamais… après la récolte vient l’inventaire, la mise en place de techniques d’économie d’énergies, de stratégies d’efficacité afin de garder assez de force pour se développer dans le prochain cycle, un peu plus grand, un peu plus haut, un peu plus beau.

C’est le moment du pardon, du deuil et des larmes… Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la saison est généralement plus humide que les autres.

Pleurer pour évacuer.

Pardonner aux autres et à soi pour se reconnaître dans un miroir et enfin passer à autre chose. Après une sécheresse et une récolte manquée, la nature reprend toujours ses droits.

Pourquoi la théorie des cycles est importante?

La théorie des cycles est importante car elle nous apprend:

  • à accepter l’inacceptable: notre erreur,
  • à relativiser et à pardonner,
  • à rebondir vers un autre cycle, une autre voie grâce à un nouveau travail, un nouvel amour, une nouvelle vie… Savoir que la phase de l’automne n’est pas vouée à durer fait toute la différence… ça n’en est pas moins douloureux… par contre le fait de savoir qu’à un moment donné ça va s’arrêter, c’est comme si vous preniez un bouffée d’air pur quand l’air est avarié, l’espace d’un instant, ça aide vraiment.
  • à se reconnaître et à se retrouver à nouveau… à s’accepter tel que l’on est

C’est une véritable sagesse que nous donne la voie des chamans amérindiens… au delà de l’attrape rêves, nous avons beaucoup de choses à réapprendre…

Helen Roy, ce petit bout de femme à l’accent si charmant m’a appris tout ça et je lui en serais à jamais reconnaissante… elle m’a donné le sourire et le courage de renaître: sans épaule et sans genou, j’étais pourtant entière.

Merci… du fond du coeur…

Pour les Français et Belges, Helen se déplace environ 2 fois par an sur le vieux continent… n’hésitez pas à la contacter ici, si vous souhaitez participer aux stages qu’elle donne.

 

 

 

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