L’imperfection? c’est le contraire de moi, ma chérie!

Aujourd’hui c’est un article un peu spécial car il participe à l’évènement mensuel « A la croisée des blogs ».

Ce mois-ci, c’est Régis du blog « Moment présent» qui organise le festival sur le thème Le jour ou j’ai atteint ma limite.

Les règles du jeu sont précisées ici.

 

Aborder le thème de l’Eloge de l’imperfection est assez compliqué au premier coup d’oeil. Crise de la page blanche? pas vraiment. Il me fallait juste un point d’attaque du sujet.

Pour se faire, j’ai fait appel à un ami… et j’ai appelé mon amoureux à la rescousse…

Voilà son approche:

L’éloge de l’imperfection? C’est ça ton sujet? Mais enfin ma chérie, il n’y a rien de plus simple… Regarde moi… et bien c’est le contraire…

S’il m’avait répondu ça devant Jean-Pierre Foucault, je ne suis pas sure que j’aurais gagné des millions… heureusement l’enjeu est différent. et pour le coup, sa remarque était plutôt bonne.

En effet, son intervention a déclenché une association d’idée.

La perfection… une histoire de goût

En Nouvelle Zélande et en Australie est diffusée une émission de cuisine/télé réalité (My Kitchen rules) où les jurés (dont l’un est français… cocorico) n’arrêtent pas de dire  » the meat is cooked to perfection ».

Traduisez: la viande est cuite parfaitement… Là pour le coup je répondrais que je ne suis pas tout à fait d’accord…

Il a beau être français le monsieur mais, lui, il aime sa viande rosée et moi je l’aime vraiment saignante limite bleue… La perfection pour lui n’est pas la mienne.

Partant de là et si on ramène ce problème à nous-même, être humains, quoi qu’on fasse, on sera toujours imparfait. La logique est imparable… vous allez voir:

Prenons l’hypothèse que je sois parfaite. Bon. Jusque là, ça va.

Prenons maintenant l’hypothèse que mon voisin soit parfait également.

Nous devons organiser la fête des voisins ensemble. Or, moi, je préfère avoir des salades en accompagnement du barbecue (normal je suis une fille… ceux qui connaissent le sketch de Florence Foresti comprendront… les autres, cliquez ici pour comprendre).

Mon voisin, quant à lui, préfère les chips et les frites (normal c’est un mec, là aussi si vous êtes perdus, cliquez ici… vous ne le regretterez pas).

On a beau être parfait tous les 2, la discussion que nous allons avoir au sujet du pique-nique va certainement friser les sommets de l’imperfection…

La raison? C’est que nous sommes tous différents et que la perfection est une notion hautement subjective… comme la manière dont vous décidez de voir le verre d’eau (ou, dans mon cas, le bodum) que vous tenez à la main: est-il à moitié plein ou à moitié vide?

Dit autrement, la notion de perfection (et d’imperfection) est une idée. Et une idée c’est une boite. Votre boite. Il y a même votre nom marqué dessus. Et tout ce que vous mettez dans la boite vous correspond à vous et à personne d’autre.

La Perfection au final est une histoire de goût: si vous avez la dent salée, la perfection se trouvera dans une côte de boeuf cuite à votre goût… si vous avez la dent sucrée, elle se trouvera dans le coulant d’un fondant au chocolat.

L’éloge de l'(im-)perfection

Revenons à nos moutons à 3 pattes (donc imparfaits?). Le thème du jour est « l’éloge de l’imperfection ».

Pourquoi chercher à faire l’éloge du gâteau brûlé ou de la mauvaise cuisson d’une viande ou d’un poisson?

Car en effet, si on vous servait les plats ci-dessus dans un restaurant, vous n’y remettriez plus les pieds, non?

Pourquoi donc se cantonner à être imparfait et louper pas mal de choses quand on pourrait avoir la perfection comme objectif?

Prenons un exemple tout simple. Si vous aviez une baguette magique qui pourrait transformer votre corps en celui que vous voulez: Nicole Kidman ou Hugh Jackman ou ce que vous voulez du moment qu’au final vous ayez atteint votre perfection corporelle.

Vous y êtes? Bien.

Maintenant prenez vous en photo dans votre corps de star. Et regardez-vous objectivement.

eloge de l'imperfection

Perfection ou imperfection telle est la question (credits photos: aubade sur picasaweb)

Si vous avez choisi le corps de Nicole Kidman, est-ce que vous voyez le fait que sa poitrine n’est pas forcément aussi voluptueuse que celle d’Eva Green? que ses jambes ne sont pas aussi interminables que celles de Mila Jovovich dans le 5ème élément?

La beauté de Nicole Kidman n’est pas dans sa perfection mais dans toutes ces petites imperfections qui font d’elle un être à part, un être exceptionnel.

De la même manière, c’est votre façon de sourire, l’éclat de votre regard, votre façon de vous déplacer dans votre vie, vos cicatrices, la tonalité de votre voix quand vous rigolez qui font de vous cette personne parfaitement imparfaite et pourtant si individuellement imperfectible.

Est-ce que la recherche de la perfection devrait être un but en soi?

En ce qui me concerne, je répondrais non. Faire de la perfection un but est en soi in-atteignable. C’est un peu comme si vous vous baladiez chaque jour avec une épée de Damoclès au dessus de votre tête.

C’est stressant. Si vous cherchez un exemple des dégâts que peut provoquer la recherche de la perfection, j’en ai un tout trouvé. Petite devinette:

  • Je suis un anglicisme entré dans le langage commun dans les années 2000.
  • Je suis un phénomène psychologique qui est créé par une rupture et une prise de conscience.
  • Je suis le résultat d’une conscience professionnelle exacerbée.
  • Je suis le fond du trou, du gouffre et le bout du rouleau…
  • Je suis, je suis???

J’attends la réponse dans les commentaires… 🙂

Chercher la perfection c’est un peu comme chercher à être Mary Poppins 24h/24 et devoir se charger d’enfants turbulents, de parents arrogants et d’un oncle qui prend tout à la légère. Réjouissant comme programme non? (oui bon ok j’aurais jamais pu être prof ou instit)

Au final, je préfère encore laisser le fait d’être en tout point parfaite aux autres… de toute manière je ne suis pas bien à l’aise trop loin du sol…

Un peu comme la gourmandise, je préfère me conjuguer à l’imparfait car au minimum ça me fera de belles histoires à raconter à mes petits enfants quand je serais une vieille grand-mère toute ridée… et ça, j’avoue que ça me laisse rêveuse

Voilà pour mon éloge de l’imperfection. Si vous avez aimé cet article, que vous avez pensé à quelqu’un en particulier ou au monde qui vous entoure en général, n’hésitez pas à le partager et à en parler autour de vous 🙂

 

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