La voie des Toltèques: les accords pour plus de liberté

La chronique littéraire du jour aura pour objet un livre qui me donne le sourire à chaque fois que je le lis: Les 4 Accords Toltèques de Don Miguel Ruiz. Ce livre est un véritable extra-terrestre du développement personnel: on y parle de liberté, de rêve et de croyances inculquées depuis notre plus jeune âge, de domestication, et d’accords ou contrats qu’on passe avec soi même comme clés pour se défaire de nos chaînes!

accords toltèques

 

On rejoint un peu la philosophie grecque de Platon et nous allons donc commencer par cela…

 

L’allégorie de la caverne

Il était une fois une caverne assez large pour contenir la population d’un village. Tous les habitants étaient assis comme ils pourraient l’être dans un amphithéâtre ou une salle de cinéma. Tous regardent le mur du fond de cette caverne. Mur sur lequel sont projetées des images… A l’époque de Platon, il s’agissait d’objets que l’on déposait devant un feu. La lumière du feu projetait l’ombre de l’objet sur le mur. Aujourd’hui, on va pouvoir parler d’images ou de photographie. Ces photographies et ces ombres sont les seuls objets de référence pour les habitants de la caverne. Ils savent que l’ombre qu’ils voient est une amphore car on le leur a dit. En ont-ils réellement fait l’expérience? Savent-ils exactement ce que c’est qu’une amphore? La question reste posée. Que se passerait-il si l’un des habitants venait à se lever et à regarder derrière lui, à venir toucher la vraie amphore? Il se rendrait compte qu’une amphore est bien différente de l’image qu’on lui en a faite… Il connaîtrait ainsi la vérité vraie et pas l’image.

 

La caverne et le « rêve » de la planète

Bon voilà pour l’allégorie platonicienne… Comment cela vient-il s’imbriquer dans notre livre sur les accords toltèques qui semblent tout droit sortis du dessin animé « les mystérieuses cités d’or » et pas réellement grecs par nature? On y vient, on y vient. Le livre est divisé en 7 parties. La première concerne la domestication et le rêve de la planète.

Dans cette partie, l’auteur explique que nous vivons dans un « rêve » qui n’est pas le nôtre. Ce « rêve » est constitué de toutes les règles, les lois, les codes, les croyances, l’histoire de la société, de la communauté, de la caverne familiale dans laquelle on naît. Toutes ces croyances nous sont inculquées et représentent la caverne dans laquelle nous évoluons. Vous voulez un exemple précis? Je suis l’ainée d’une fraterie de 3 et seule et unique fille. Ma mère comme mon père m’ont inculqué ce que leurs parents leur ont inculqué: « Ma fille, tu devrais avoir peur de courir dehors toute seule, on ne sait jamais sur qui tu peux tomber ». Cette croyance et ses déclinaisons telles que partir toute seule sac sur le dos découvrir le monde ou juste aller faire une randonnée seule dans les Vosges c’est trop dangereux ont mis un certain nombre de limites à ma manière de faire du sport, de voyager, de randonner ou même de gérer mes week ends. Je ne leur en veux pas, ils ne peuvent pas penser ou agir autrement, ils ont été éduqués comme ça par leurs parents et par les faits divers relatés à la télévision. Maintenant, j’ai le choix de rester dans la caverne et de passer tout ça à mes enfants ou bien d’en sortir, de prendre ma liberté et de l’inculquer à mes enfants.

sortir de sa caverne avec les accords toltèques

Sortez de votre caverne, prenez votre liberté avec les 4 accords toltèques

A la fin de cette partie, on comprend comment on est arrivé dans notre caverne des « Ah si seulement », des « j’aimerais tellement…. mais bon ». On se lève de notre chaise et on apprécie cette caverne des conditionnelles et on essaie de trouver la porte de sortie vers le présent ouvert sur le monde. Quand on en est là, on comprend également que si on est et si on reste dans la caverne c’est parce qu’on le veut bien, qu’en réalité c’est le résultat de tous les accords qu’on a passé avec nous même. Si on reprend l’exemple ci-dessus, le monde dangereux tel que me l’ont présenté mes parents j’y ai adhéré, j’y aie cru et cet accord avec moi même, il me limite dans mes déplacements et me fait ressentir de la peur quand je sors de chez moi les baskets aux pieds. Mes parents me l’ont appris et moi j’ai dit ok. Je fais partie d’un « rêve », d’une caverne qui n’a pas été construite par moi mais dans laquelle j’ai été d’accord d’évoluer.

C’est ce que l’auteur appelle le processus de domestication. Nous sommes d’accord car être d’accord avec ce qu’on nous apprend et les codes de la société offrent la douce possibilité d’être accepté par les autres, de répondre à l’image qui plaira le plus à ces « autres ».

« Être simplement soi-même voilà ce que l’on redoute le plus » Don Miguel Ruiz

 

Philosophie des Toltèques: Les 4 accords pour se sortir de sa caverne

Vous vous en doutiez, si vous voulez être en accord avec vous même, il va falloir changer, améliorer, modifier, les accords qui vous ont été inculqués. Pour cela, les Toltèques (peuple de tradition chamanique ancestrale) évoquent 4 accords. Ces 4 accords vont vous permettre de vous reconstruire. Ils sont votre boussole et votre carte pour vous sortir de votre caverne et respirer l’air frais de la liberté. Ces 4 accords sont les suivants:

  • Que votre parole soit impeccable
  • Quoi qu’il arrive, n’en faits pas une affaire personnelle
  • Ne faites pas de suppositions
  • Faites toujours de votre mieux

Reprenons chacun de ces accords:

 

Que votre parole soit impeccable

C’est le premier accord et le plus important. La parole est un instrument très très puissant. Le livre la compare à de la magie. Vous pouvez l’utiliser soit comme de la magie noire (en médisant, en critiquant…) soit comme de la magie blanche. Ici, le point c’est de se rendre compte de l’impact de ses dires.

Un exemple? Quand j’étais petite, j’étais un peu rondelette… mon père m’appelait amicalement « ma petite grosse » ou « ma petite potelée », mon frère utilisait ce terme quand il était en colère contre moi également (et donc de manière un peu plus agressive). Ils ne se sont pas rendus compte de l’impact, mon père car il trouvait ça mignon, mon frère parce que quand sa colère était passée et bien pour lui c’était de l’histoire ancienne… De mon côté, je me suis construite avec l’idée que j’étais grosse donc moche donc pas bien dans ma peau… Pourquoi? parce que j’ai cru à ce qu’ils me disaient.

De la même manière, j’ai eu un junior qui avait une très grande capacité de raisonnement. Le problème c’était que sa capacité de raisonnement partait un peu dans tous les sens et du coup ce qu’il rendait comme travail n’était généralement pas ce que nous, seniors ou managers, attendions de lui. A partir du moment où on a commencé à s’en rendre compte, ça a été la descente aux enfers. A chaque fois qu’on lui disait que ce n’était pas comme ça qu’il fallait qu’il s’y prenne, il répondait « Ah oui effectivement j’ai encore rendu du n’importe quoi, je suis nul. » Son esprit jugeait de manière extrêmement critique son travail. Pour lui, faire une faute voulait dire qu’il était le dernier des nuls. Ce qui était bien entendu complètement faux. Ma parole n’était certainement pas impeccable (car je lui ai effectivement dit que c’était pas la bonne manière de procéder) et la sienne non plus (car il se juge comme nul et amplifie du coup son ressenti négatif alors même qu’il a certainement fait de son mieux). On va revenir sur la manière de prendre la critique et la façon de parler des autres dans les autres accords. Je voulais juste illustrer l’importance de la parole dans vos relations avec les autres et surtout en relation avec vous-même.

le chemin de la liberté des Toltèques

La liberté? c’est pas là!

A chaque fois que vous vous dites, quel(le) idiot(e) je fais, je ressemble à rien, je suis nul(le) pour des petits trucs de la vie courante, vous pensez que ça ne prête pas à conséquences. Or, votre esprit lui y croit. Au fur et à mesure que vous vous répétez ce genre de choses vous y croyez d’autant plus fort. Le fait d’arrêter ces jugements négatifs sur vous-même et de rendre votre parole impeccable vis à vis de vous même, outre le fait de vous rendre un peu plus heureux chaque jour, va défaire petit à petit tous les accords destructifs que vous aviez pris avec vous-même.

À partir de là, après avoir changer votre façon de vous parler, vous modifierez parallèlement votre façon de parler aux autres. La spirale positive s’intensifiera d’elle même car il est difficile de critiquer et juger négativement quelqu’un qui parle positivement de vous (ou alors on est vraiment misanthrope).

 

Quoiqu’il arrive n’en faites pas une affaire personnelle

Cet accord là est celui qui va vous sauver la vie. Quand je pense à cet accord, c’est au film Le parrain qui me vient à l’esprit. Il y a une scène dans laquelle Don Corleone vient exécuter l’un de ses proches pour une sombre histoire de trahison. L’homme supplie Don Corleone de lui laisser la vie sauve en appelant à ses liens familiaux et Don Corleone lui réponds ainsi: « It’s not personal, It’s only business. » Bon c’est un peu hard comme exemple je sais mais effectivement ne pas en faire une affaire personnelle permet de prendre le recul nécessaire et de ne jamais se laisser atteindre. Être droit dans ses bottes et comprendre que la manière dont l’autre me parle (que ce soit par colère, envie, jalousie, critique…) ne me concerne en rien. Je suis dans ma bulle et ça ne m’atteint pas dans ma manière de me voir ni dans mes actions futures. Bien sur je ne suis pas en train de vous dire que ça va vous permettre d’être un serial killer ou un gangster mais juste de comprendre que le sort que la personne essaie de vous jeter par ses paroles négatives ne vous atteindra pas. Cela va vous permettre d’éviter de conclure encore un accord limitant ou négatif avec vous même.

Dit autrement, faites comme les enfants qui disent « miroir, miroir, miroir » pour ne pas écouter les méchancetés ou les fausses accusations lancées par leurs camarades et les renvoyer à l’expéditeur. Imaginez qu’il y a un miroir autour de vous et gardez à l’esprit que ce que la personne dit sur vous est en fait quelque chose qu’elle pense d’elle-même. Je vous renvoie d’ailleurs à un très court article de Marie sur ce point qui vous fera comprendre de quoi je parle.

 

Ne faites pas de suppositions

Fléau de la société moderne, on a peur du qu’en dira-t-on si on pose trop de question alors on préfère supposer, se faire des films. On se construit une nouvelle vérité sur la base de ces suppositions donc de nouvelles croyances. Exemple: votre collègue vous croise dans les couloirs et ne vous dit pas bonjour. Peut être allez vous supposer qu’elle vous fait la tête ou qu’elle ne vous aime pas alors qu’en fait elle a un problème de plomberie ou bien elle a eu du mal à dormir, elle est pas dans son assiette… Dans votre esprit, ça va se passer comme ça:

Donnée: la personne ne vous a pas dit bonjour:

  • Supposition: elle ne vous aime pas
  • Vous ne comprenez pas pourquoi elle ne vous aime pas alors que vous ne lui avez rien fait: vous le prenez personnellement
  • Nouvel accord avec vous même: vous n’en faites pas assez pour être aimé, peut être que vous n’êtes pas digne d’être aimé
  • Vous allez peut être dire autour de vous que la collègue en question n’est vraiment pas quelqu’un de très sympa, qu’elle fait toujours la tête…

Si par contre vous essayez de suivre les accords énoncés précédemment, ça se passera comme ça:

Donnée: la personne ne vous a pas dit bonjour:

  • Quand vous en avez l’occasion, vous en profitez pour lui demander comment ça va? si elle a des soucis et si éventuellement vous pouvez faire quelque chose pour l’aider.
  • Réponse de la personne: Non non t’inquiètes je suis un peu préoccupée ces temps-ci mais rien de grave. Ou bien: oui j’ai des problèmes de fuite d’eau dans ma salle de bain. Tu ne connaitrais pas un plombier dans la région?…
  • Résultat: pas de suppositions, pas de nouvel accord avec vous même sur une mauvaise croyance, votre parole est impeccable et vous pourrez peut être l’aider. Si vous ne pouvez pas l’aider c’est pas grave, au moins vous savez que vous n’avez rien à voir avec le fait qu’elle fasse la tête.

L’exemple est délibérément un peu tiré par les cheveux mais vous comprenez le principe. Arrêtez de supposer et demandez. Votre vie en sera changée.

 

envie de liberté et accords toltèques

ouvrez la fenêtre et faites de votre mieux

Faites de votre mieux

C’est l’accord qui déculpabilise et qui va vous empêcher de vous juger durement. Essayez de toujours faire de votre mieux c’est la clé d’application des 3 autres accords. Personne n’est parfait et ce n’est pas ce qui est demandé. Votre mieux évolue en fonction de votre santé, de votre fatigue, de votre niveau de stress, de votre entourage… ce qu’il faut c’est toujours essayer de rester droit dans ses bottes. Faire toujours de son mieux, c’est éviter l’auto-flagellation permanente. Bref c’est le début d’une vie sans regrets.

 

Sur le chemin de la liberté personnelle

La liberté personnelle, c’est le but de mise en oeuvre des accords toltèques. La dernière partie du livre va plus en profondeur sur la philosophie de vie toltèque. La philosophie de vie étant quelque chose d’intimement personnel, je vais vous laisser décider de la votre et comment vous souhaitez la construire avec les accords toltèques…

 

Ce que j’en ai pensé des 4 Accords Toltèques:

Ce livre ne fait que 125 pages. Mais dans ces 125 pages, on vous propose une toute nouvelle façon de voir les choses et de se comporter. Quand je le finis, j’ai un sourire jusqu’aux oreilles car je comprends que je ne suis ni grosse, ni moche, ni nulle, ni idiote et ça ça fait un bien fou! Si vous avez besoin d’un grand bol d’air, c’est le livre qu’il vous faut.

Pour sa mise en place par contre, le mieux c’est de faire un accord à la fois. Dans les 3 premiers accords, choisissez celui qui vous plaît le plus et commencez à l’utiliser tous les jours. Pour se rappeler qu’il y en a 4, je me suis mis des post it sur l’écran de mon ordinateur, sur l’écran de mon smartphone et sur le frigo. Si vous avez un agenda papier, vous pouvez aussi mettre les accords sur des post it et les transférer sur la page du jour en cours… tout est bon pour vous en rappeler, ça peut changer votre vie!

A lire et à relire un après midi de pluie, ça ensoleille votre journée et ça mérite un 10/10.

Petite remarque supplémentaire: Dans le bouquin, il est souvent fait mention de Dieu. Si vous êtes athé(e) ou agnostique, restez ouvert d’esprit à la lecture et remplacez l’idée de Dieu par tout autre chose en laquelle vous croyez: l’univers, l’intelligence du monde, l’énergie ou votre propre confiance en vous. Ce livre apporte énormément de choses sur la compréhension globale de notre manière de penser et de vivre en société… Si cela vous intéresse, essayez de remplacer les exemples par votre propre vécu et vous verrez, vous ne regretterez pas cette lecture.

 

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